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NICO, designer de vêtements haut de gamme pour hommes audacieux

Ton Barbier a 5 ans. Pour souligner le tout, nous organisons un défilé-spectacle unique le samedi 25 août 2018 à 21h30 à la Place des Arts sur la grande scène du Festival Mode et Design. Fiers de notre tradition qui est de mettre de l'avant des artistes, artisans et designers de mode locale et masculine, nous avons choisi 7 designers qui défileront pour l'occasion. Pour mettre ces créateurs de l'avant, nous les avons rencontrés dans leur atelier respectif.


Qui est Nicolas Biodeau ?

Je suis designer de la marque NICO depuis bientôt quatre ans. J'ai terminé mes études il y a cinq ans à Marie-Victorin après quelques années en soins infirmer. J'ai décidé de lancer ma marque parce que je croyais vraiment en mon talent et en mes choses. Bien que je n'avais jamais été entrepreneur avant et qu’on n’apprend pas vraiment comment se lancer à son compte à l'école, j’ai quand même décidé de me lancer là-dedans. Ça ne me tentait pas d'aller travailler pour quelqu'un, alors j’ai parti mes propres affaires. J'aime ça me décrire comme un aventurier naïf.


Peux-tu nous présenter la marque NICO ?

NICO, c'est une ligne de vêtements haut de gamme, pour hommes audacieux, créée à Montréal. La marque se tourne vers le féminin tranquillement en offrant un côté très androgyne aussi. NICO, c'est énormément de motifs, de structures, de détails et de la confection très bien placé, signé, touché, finalisé. C'est une touche funky, mais avec une coupe très structurée.

Crédit : @nicodesign.ca


Comment as-tu commencé ta marque ?

Dans le fond, c'est en 2014 que j'avais prévu dans mon atelier réalisé une petite collection que j'allais lancer sur les réseaux sociaux. C'était mon plan de marketing : Facebook et Instagram. En allant voir des professeurs, je leur ai parlé de mon idée et en 2014, les réseaux sociaux n'étaient pas encore ce qu'ils étaient. Ils m'ont alors parlé d'un événement mode qui s'appelle The Moment (mais qui n'existe plus.) J'étais en retard pour l'inscription, mais comme j'étais le seul à proposer un projet masculin, ils m'ont finalement accepté. À ce moment-là, on était au début d’octobre et il me restait la moitié d'une collection à coudre. Ça l'a été un deux semaines assez intense, merci ! J'ai fini de coudre le dernier vêtement la journée même de l'événement. C'est comme ça que tout a commencé et que j'ai lancé NICO. 


Pourquoi as-tu décidé de faire de l'homme dans un monde où il y en a très peu ?

C'est mon dada à moi, l'homme. Je pense que mon style vestimentaire est souvent recherché et qu’il se colle bien aux hommes. À Montréal, je trouve qu'on n’en a pas ou qu'on n’en trouve pas beaucoup. Il y a Philippe Dubuc, évidemment, mais on a vite fait le tour. J'aimais bien les coupes structurée, mais colorée en même temps, ce qui est très difficile à trouver. Alors, comme je suis capable mélange tout ça, je me suis dit why not?, pourquoi pas là-dedans! 

Crédit : @nicodesign.ca

Peux-tu nous décrire ta marque en trois mots ?

Coloré, structuré et funky !


Dans l'évolution de la marque, quels seraient les moments marquants ?

L’an passé, quand j'ai été sélectionné comme designer émergent et que je suis allé à Toronto présenter ma marque. Ça l'a été un super beau moment. La collection que j'ai présentée me ressemblait énormément. C'était peut-être moins commercialisable aux yeux des gens là-bas, parce que oui, il y avait de la couleur et du funkyness. Ç’a l’a été un moment fort, parce qu'après ça, j'ai vraiment upgradé ma marque et mes processus dans la compagnie.

Crédit : @nicodesign.ca

Comment décrirais-tu la mode masculine à Montréal ?

Je trouve que les gens n'osent pas assez. Je trouve que ça manque de gens bien mis. À Paris, les gens se promènent avec des complets parfait et un peu funky. Ils ont tous de super beaux manteaux. Je trouve qu’à Montréal la mode n'est pas assez soignée. On est trop dans le street style. Il manque énormément de structure et de couleur chez les gars. On a besoin de couleurs dans une garde-robe! Il ne faut pas juste du noir et du blanc, il faut des modèles et il faut s'assumer. Pourtant, ce n’est pas parce que les gars à Montréal n'osent pas, ils osent ! Mais pas au niveau du haut de gamme coloré. Il y a encore du chemin à faire. On dit souvent que c'est les homosexuels qui vont porter ce genre de vêtement là, mais au contraire, moi j'ai plus de gars hétéros qui achètent mes vêtements et qui capotent sur ce que je fais. Si je mets un complet funky et intense dans une soirée, c'est les hétéros qui vont venir me voir et me demander où j'ai trouvé ça.

Il faut comprendre qu'une pièce de vêtement à 800$, oui, c'est cher, mais tu es censé garder ça toute ta vie. C'est comme une pièce d'art dans laquelle tu vas investir. Du Dior ou du Jean-Paul Gauthier, j'en ai et j'en prends soin. Je trouve que les Québécois n'osent pas assez à ce niveau-là.


Quels sont tes prochains projets ?

On est en train de développer la collection 2019. En septembre, on va probablement rentrer au cabinet éphémère. Ensuite, je veux renforcer mes bases au niveau de mon entreprise et de la production, puis viser le marché torontois. Je suis déjà bien parti, mais on va devoir refaire un branding ou un coup marketing pour me représenter à l'extérieur de Montréal. Bref, il y a beaucoup de choses qui se passent !

Site web : nicodesign.ca
Instagram : @nicodesign.ca
Facebook : NICO Designer


Crédit : @nicodesign.ca