+ Toutes les playlists

Dan Pham, entrepreneur du nouveau et du beau

Dan Pham est le propriétaire de plusieurs restaurants-bars qui cumulent les succès. Ses établissements permettent aux gens de découvrir de la nourriture typique et de vivre un expérience en soi. Comme le néon dans son premier restaurant, le Red Tiger, le dit si bien: « Plus on est de fous, plus on rit ». Nous nous sommes entretenus avec l'homme derrière le concept du Blossom, du Red TIger ainsi que du Kamehameha, trois endroits qui en mettent plein la vue.


J’aimerais que tu nous parles un peu de toi, d'où tu as grandi, de ce qui t’a amené à te lancer dans l’entreprenariat ?

Je suis d’origine vietnamienne, j’ai étudié en comptabilité à l’UQAM, j’ai ensuite eu un long parcours dans le monde des bars et des clubs. Au départ, j’étais partenaire du BLVD44, j’ai beaucoup appris de cette expérience.


Tes trois restaurants sont des lieux intimes, culturels et typiques tout en restant modernes et actuels. Qu’est-ce qui t’a inspiré?

RED TIGER

Ma première acquisition est le Red Tiger. Je me suis associé avec des amis qui avaient déjà leur propre restaurant. Moi je connaissais mieux le monde des bars, on a bénéficié des deux expériences. Un jour, j’ai écouté l’émission Anthony Bourdain sans réservations, il parlait du Vietnam, de l’ambiance, il vantait la nourriture et le concept. J’ai eu l’idée d’un resto-pub vietnamien avec une ambiance cocktails.  On voulait transporter les gens ailleurs, faire changement des soupes tonkinoises et des rouleaux. C’est nos trois ans dans deux semaines, donc ça a visiblement bien fonctionné.
 
*Crédit Photo: Courtoisie du Red Tiger

KAMEHAMEHA

Pour le Kamehameha, c’est quand je suis allée à Hawaï ; j’aime beaucoup voyager et j’ai vécu l’expérience culinaire de l’endroit. Quand j’ai vu les Pokébowls, je me suis dit que je ne me limiterais pas à ce plat-là, parce que c’est plus que juste ça la nourriture hawaïenne, c’est un mélange de cultures, on peut y intégrer des gaufres de poisson, de la crème glacée. D’où le concept du snack-bar.
 
*Crédit photo: Élliot Légaré

LE BLOSSOM

Quand j’ai commencé mon projet du Kamehameha, c’est à ce moment-là que j’ai découvert le local du Blossom. L’espace était vitré et la petite affichette à louer était discrète. J’ai été tenté d’appeler. Un coup de coeur, on m’a dit que c’était beaucoup de projets en même temps, mais le coin était parfait. Le Kame était prêt à ouvrir de toute façon, j’avais confiance en mon équipe et les gens de mon entourage croiyaient vraiment en moi, ils me supportaient.
*Crédit Photo: Christian Brault


Le designer Guillaume Ménard a contribué aux magnifiques décors, dirais-tu qu’il partage ta vision, celle de faire vivre une expérience aux personnes qui viennent pour la première fois à un de tes restos?

C’est effectivement Guillaume Ménard qui fait le design de mes établissements, on change vraiment souvent d’idée alors c’est pas tout le monde qui aime travailler avec nous (rires). Moi j’aime dire qu’on s’adapte à l’endroit, aux inconvénients, on ne se limite pas aux plans de départ. La clé c’est le souci du détail, quand je me lance et prends la décision d’un nouveau concept je ne le fais pas à moitié.


Quels sont tes plans pour l’avenir? Est-ce que tu voudrais éventuellement ouvrir d’autres restaurants-bars?

Présentement, on travaille sur deux autres projets, on a repris l’ancien Moomba et on y travaille depuis fin novembre. Au départ ça me faisait vraiment peur parce que c’est un gros projet contrairement à ce à quoi je suis habitué, mais mon partenaire d’affaires m’a rassuré. Il n’y a pas mieux positionné que cet endroit-là, avec son grand stationnement. En plus, les anciens propriétaires sont nos collaborateurs, ils peuvent nous conseiller sur la disposition de la place et nous aider à développer le projet à son plein potentiel. De mon côté, je pense que je peux amener une touche montréalaise et avant-gardiste à l’endroit pour élever la barre.

Je veux que les gens puissent venir manger, s’amuser, rester tard, avoir une date ou juste venir entre amis jouer au billard. Ils pourront découvrir les vins natures, vins oranges pour que même les gens de Montréal aient envie d’y aller, parce qu’il va vraiment y avoir de tout. Ça prend au moins 4 à 5 visites pour avoir le temps de tout essayer.

En plus, un petit scoop : on va y intégrer un speakeasy… Mais je ne veux pas trop en dévoiler, je veux garder des petites suprises ! Ça va s’appeler le Miss Wong et sera marqué d'une inspiration chinoise-américaine originale. Le style sera plutôt chic, inspiré de Hong Kong dans les années 50.

Mon deuxième projet, le Golden Dragon, sera sur Rive-Sud, complètement à l’autre extrémité. Comme le Miss Wong prend beaucoup de mon temps, je me considère plus comme un collaborateur sur celui-ci. Je donne des idées et j’aide à forger le projet. C’est plus semblable au Red Tiger - ce sera un pub chinois éclectique, le kitsch à son meilleur, un endroit fun et sans prétention avec des plats pas chers, de la bonne bière et des cocktails colorés.


Les défis de se lancer en restauration sont nombreux, mais tu t’y prends très bien. Quels sont tes trucs?

De s’entourer d’une bonne équipe, un bon staff, de continuer à progresser tous ensemble. Mon regroupement à moi s’appelle le lucky belly group. Lucky pour rappeler la chance, un concept très présent dans la culture asiatique et belly pour la bonne bouffe, ça donne une bonne idée de notre vision. On veut être out of the box. Au Québec, on est chanceux d’avoir de bons restaurants ; ça pousse à sortir de l’ordinaire à ne pas refaire le même concept deux fois.
Crédit : @leredtiger