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Je me suis mouché trop fort dans un endroit public

Crédit photo : Bruno Guérin
Je me suis mouché trop fort dans un endroit public
Mille pardons, sincèrement. Mon nez était plein. On est en avril et je me suis découvert d’un fil. Rajoutons à ça le retour de mes allergies au pollen qui me font vivre un enfer depuis 2 semaines. Ouf, mon corps à des problèmes et il doit extérioriser le mauvais. 

Encore l’autre jour, en plein restaurant : «aaaaatchoooooummm». Mon maudit corps devait s’exprimer et il a encore dérangé tout le monde. Mon doux printemps rhumatismal et allergène qui me joue un tour à nouveau. Mon doux printemps qui m’offre la fonte de la neige, mais aussi les têtes qui se retournent avec un air frustré. Qui m’offre le retour de la chaleur, mais aussi les soupirs d’impatience face au niveau de décibels que mon nez provoque.  Parfois, je dois même me moucher en public pour contrer le manque d’esthétisme créé par l’amas de mucus sur ma moustache. J’ai d’la merde en dedans et ça doit sortir.  Il me semble que ce n’est pas compliqué. Il y a quelque chose qui fonctionne pas dans mon corps donc celui-ci s’exprime comme il peut.

Peu importe la raison pour laquelle tu t’exprimes ainsi que la manière que tu utilises, tu dérangeras des gens. Le confort visuel et auditif des individus est sécurisant. Effectivement, il y a une différence entre déranger un sexagénaire qui fait des mots croisés dans un café en se mouchant et créer le retard d’un automobiliste à son emploi en bloquant une artère importante. L’écart est immense. Mais est-ce que déranger les gens est si négatif ? 

Si on se détache de l’idée de l’éternuement dans un lieu public et qu’on rive un œil vers les concepts politiques et sociaux. Il est facile de comprendre l’efficacité de la cacophonie qui détourne les regards si nous analysons certains évènements marquants de l’histoire. Je pense au «Printemps Arabe» où des milliers de personnes ont occupé des rues et «atchoumé» leur révolte pour faire tomber Hosni Moubarak, le président au pouvoir. Moins nombreux, mais dans un même esprit, je pense aux Québécois qui ont recraché leur mucus lors du «Printemps Érable» qui visait à faire tomber le gouvernement en place.

Chaque 15 mars, des militants se rassemblent pour manifester contre la brutalité policière. Certains participants sont pacifiques, d’autres le sont moins. Une chose est certaine c’est qu’ils ont la même intention qui est de se faire entendre. De moucher leur haine face à la violence gratuite du SPVM. Constat? Les militants se font brasser et reviennent plus bruyants lors de la manifestation suivante.

Des décennies d’injustices sociales et politiques coincées en dedans. À un moment donné, il faut que ça sorte. Et comme on peut le constater en se conscientisant au sujet des manifestations ou des autres actions, ça peut sortir fort et ça peut sortir longtemps.

À coups de mouchoirs ou à coups de slogans, nous risquons d’arriver à réduire l’intolérance. N’ayez pas peur de vous moucher en public. N’ayez pas peur de partager vos opinions sur ce qui n’a pas de bon sens dans ce monde. Nous avons le pouvoir de déranger.  Utilisons-le.