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38 livres québécois essentiels sortis en septembre - part. 2

Nous vous présentions il y a quelques semaines la première partie d’une liste assez solide constituée de 38 titres québécois à paraître en septembre. Voici donc la conclusion de cette sélection dans laquelle il y en a décidément pour tous les goûts.
 
Nouveau Système
Daniel Leblanc-Poirier
Hamac
Après avoir eu un énorme coup de cœur l’an dernier pour son deuxième roman (Le deuil tardif des camélias, aux Éditions de l’Interligne), nous n’avions pas forcément envie d’attendre très longtemps le prochain. Le prolifique auteur ne déçoit pas et nous offre ici une autre histoire courte qui frappe droit aux tripes, à propos d’un toxicomane qui a du mal à réagir devant la perspective de perdre son ex souffrant d’un cancer. Le langage chantant et les tournures de phrases exotiques de l’auteur sont encore une fois au rendez-vous.
 
Animitas
Nicholas Dawson
La Mèche
Récit très prenant de l’adaptation au Québec d’une famille chilienne, ce premier roman de Dawson est aussi personnel que magistral. « De Valparaiso à la rue Ontario », le choc des cultures et la mère qui repart au pays, un Montréal vu à travers le prisme d’un regard nouveau, l’auteur nous abreuve de savoureuses observations. Si l’on se fie à la qualité qui suintait de sa nouvelle dans le premier recueil Cartographies, aussi issu de La Mèche, l’expérience de lecture sera délectable.
 
Johnny
Catherine Eve Groleau
Boréal
Johnny et Valentine ne sont pas du même monde, rien ne les prédisposait à s’aimer, et pourtant ils ont conçu ensemble quatre enfants. Une séparation soudaine ébranlera leurs vies; la mère monoparentale luttera pour élever sa progéniture, et ce gangster amérindien qui se fait passer pour un italien sombrera dans une sévère dépression. Cette vertigineuse peinture d’une famille brisée impressionne par sa justesse de ton et la profondeur de ses personnages. Catherine Eve Groleau, dont c’est le premier roman, est promise à un futur lumineux.
 


Nous rêvions de robots
Isabelle Gaudet-Labine
La Peuplade
Les gens de La Peuplade ont depuis leurs débuts un flair particulier pour dénicher les poètes de la relève, et ce cinquième recueil d’Isabelle Gaudet-Labine est le troisième qu’elle publie chez eux. Avec une thématique de science-fiction qui examine la transformation d’une femme en machine, dans une démarche très transhumaniste, elle fait la preuve que la poésie est l’apanage des humains, et non des robots.
 
La dévoration des fées
Catherine Lalonde
Le Quartanier
Voici un récit difficile à définir, un conte classique revisité et perverti qui se déroule entre la campagne et la ville, dans une forme complètement éclatée. Lalonde ne publie pas souvent, mais quand elle le fait, ses mots sont toujours fracassants et inventifs. Collaboratrice au Devoir, et poétesse publiée depuis les années ’90, elle nous offre un coup de poing qu’on n’attendait plus, et qui est d’autant plus percutant.
 
Manikanetish
Naomi Fontaine
Mémoire d’encrier
Auteure Innue qui en est à son deuxième roman (après Kuessipan en 2011), Naomi Fontaine raconte ici le quotidien d’une professeure autochtone de la Côte-Nord qui tente de sortir ses élèves du marasme, entre autres à travers un intérêt dans le théâtre et la littérature. Un thème d’actualité, et une intrigue située dans une région qui recèle son lot de petites histoires dignes d’être racontées.

Ici, ailleurs
Matthieu Simard
Alto
Après un long silence, il est bon de retrouver Matthieu Simard dans un roman pour adultes. Cette fois-ci, ça parle d’un couple qui s’isole en campagne dans le but de se retrouver, et de réparer les pots cassés. Ses thèmes de prédilection y figurent : poésie du quotidien, exploration des échecs, et des petites joies de la vie domestique. Rassurez-vous : son cœur est toujours aussi tendre.
 
Aphélie
Mikella Nicol
Le cheval d’août
Un soir de beuverie, la narratrice est captivée par Mia, une radieuse jeune femme qu’elle rencontre dans un bar. Au cœur d’une canicule écrasante, cette rencontre mènera à l’éclatement de son couple et à une série de petites dérives. Un roman aussi estival que profond, au ton unique, une deuxième oeuvre comme on en lit peu. Le Cheval d’août continue sur une lancée d’excellents choix.
 
La chaleur des mammifères
Biz
Leméac
Parmi la multitude de romans qui font un petit rappel historique à la grève étudiante de 2012, celui de Biz est plein de promesses. Il met en scène un professeur de littérature à l’université, qui a perdu la passion du métier et peine à retrouver le feu sacré. Au retour d’une conférence complètement ratée en Suède, il revient dans une ville où la révolte gronde, et sentira s’éveiller en lui des sentiments qu’il croyait éteints à tout jamais.

L’ossuaire
Audrey Lemieux
Leméac
Une jeune caissière d’épicerie est fascinée par le corps et ses fonctions, mais surtout par l’inévitable mortalité de nos enveloppes de chair. Elle se retrouve, lors d’un voyage en République Tchèque, dans un monastère cistercien  dont la décoration est principalement constituée d’ossements humains, et subira une illumination. C’est à la fois morbide et sympathique, avec une écriture d’une profondeur étonnante pour une si jeune auteure.

Caroline St-Hilaire – Se faire entendre
Geneviève Lefebvre
Libre Expression
Mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire est politicienne dans un monde typiquement masculin, et se raconte avec candeur dans ce livre-témoignage. Outre son parcours politique et personnel, elle parle de ses défis et de ses amitiés, et se livre sans filtre à Geneviève Lefebvre, une écrivaine que nous apprécions entre autres pour sa grande sensibilité.
 

Gourganes
Alexandra Gilbert
Stanké
Comment ne pas apprécier un roman dont le personnage s’appelle « Fille », une première œuvre d’Alexandra Gilbert profondément ancrée dans l’actualité internationale qui se déroule alternativement dans un village québécois et en Afghanistan. Gestionnaire de projets internationaux, Fille a toujours rêvé de dépaysement et d’aide humanitaire. Un séjour à Kaboul lui révélera que même à l’autre bout du monde, la nature humaine  offre peu de variations.
 
L’habitude des bêtes
Lise Tremblay
Boréal
La nature est menaçante dans ce nouveau roman fort attendu de Lise Tremblay, dans lequel les habitants entourant une réserve faunique sont aux prises avec une invasion de loups. Ces créatures qui frappent l’imaginaire ne font pas l’unanimité, et la population se divisera entre ceux qui veulent exercer un certain contrôle en les chassant, et les autres. Un récit qui ne déçoit guère, dont le souffle vous impressionnera.
 
L’autre ciel
David Ménard
Prise de parole
Dans un récit rempli d’une belle poésie, David Ménard laisse son personnage Marie-Madeleine, transsexuelle et prostituée, se remémorer sa vie turbulente, à quelques heures de subir une opération qui fera d’elle une autre personne. On explore ici une facette peu exploitée en littérature, des soirées pleines de vertige du Village à la froideur surexposée d’une salle d’opérations.
 
Les certitudes
Jean-Simon DesRochers
Les Herbes Rouges
L’énorme « portrait de quartier » en pleine crise se conclut avec ce 2e tome de L’année noire, un exercice ambitieux et gratifiant qui fait preuve d’une vision grandiose de l’auteur, allant encore plus loin dans la vague de La canicule des pauvres. Après Les inquiétudes la saison dernière, DesRochers récidive avec cette immense fresque sociale passablement trash, tissant un univers à la Zola, un projet littéraire risqué et unique, un plaisir de lecture qui, parmi ses nombreux mérites, ne vous laissera pas sur votre faim au niveau de sa durée.
 
La chair de Clémentine
Vincent Brault
Héliotrope
Voilà un roman fort singulier, qui met certes Gustave, un personnage agrémenté de quelques traits de personnalité fort morbides – il aime que les gens et les animaux meurent dans ses bras, et apprécie aussi le froid, caractéristiques reptiliennes et quelque peu sociopathes. Parallèlement, un policier dépressif enquête sur la mort d’une certaine Clémentine, alors que l’hiver devient de plus en plus froid. Brault nous offre un deuxième roman à l’ambiance pénétrante et aux personnages étonnants.
 
Les tricoteuses
Marie Saur
Héliotrope Noir
Cap-Rouge, nid à criminels? C’est la ville dans laquelle est campée l’action de ce premier polar de Marie Saur, qui met en scène un ex-prisonnier soupçonné d’un meurtre hautement médiatisé, que sa sœur qui mène l’enquête tentera de disculper. Elle découvrira chemin faisant de troublants liens entre l’affaire et un conflit de travail ayant eu lieu quarante ans avant.
 
Le cri des oies
Joanne Gauthier
Québec Amérique
Lorsque Marcel, un père dévoué et aimant, meurt subitement à 43 ans, la famille qui lui survit est plongée dans un profond désarroi et fait usage de divers mécanismes pour faire face à ce deuil abrupt. Que ça soit à travers une légère intoxication ou la lecture de lettres d’amour, la femme et le fils se retrouveront et guériront ensemble, dans ce récit qui a choisi l’espoir et la résilience.