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10 livres québécois à lire d'ici la fin de l'été

Crédit photo : Ton Barbier
10 livres québécois à lire d'ici la fin de l'été
On sait que, traditionnellement, les parutions sont plutôt rares l’été. Les éditeurs se la coulent douce et les auteurs les plus motivés écrivent en face d’un ventilateur, et les gros titres sont conservés pour maximiser leur impact à la rentrée. C’est pourtant le moment idéal pour lire et découvrir des titres plus pointus, qu’on ne retrouverait pas nécessairement placés bien en évidence dans la vitrine des libraires. On vous a donc rassemblé une petite sélection des meilleurs titres parus en juin et juillet, en attendant la corne d’abondance de la saison automnale.
 
 
Paul Buissonneau, en mouvement
Jean-Fred Bourquin
Boréal
Il aurait été naturel de croire Paul Buissonneau immortel. Le colérique personnage était une légende dans le milieu, et son énergie inépuisable lui a permis de lancer de multiples projets qui ont marqué au fer rouge l’histoire du théâtre québécois. Malgré ses nombreux coups de gueules, il ne manquait pas d’amis et de collaborateurs, et cette biographie atypique laisse la parole aux gens qui l’ont connu le mieux, fuyant la forme plus traditionnelle qu’on réserve habituellement pour dépeindre la vie des personnalités. Un travail de titan de Jean-Fred Bourquin.
 
De Rose à Rosa
Michel-Olivier Gasse
No. de Série
La moitié masculine du duo Saratoga a aussi beaucoup de talent pour l’écriture, et cette réédition a le mérite de rendre disponible un livre qui était devenu difficile à trouver. Ode à Villeray, un quartier sympathique et plein de petites histoires, c’est une collection de petites histoires qui prennent finalement la forme d’un roman, et qui avaient été mises en ligne au compte-gouttes, à l’époque, sur le site du Voir. Un livre, donc, plein d’observations loufoques et de personnages incroyables mais vrais, qui vous fera aimer votre ville comme jamais.
 
Ataraxie
Karoline Georges
Alto
Ce troisième roman de l’auteure, paru en 2004, vient d’être réédité chez Alto pour « accompagner » la parution de sa nouvelle œuvre, De synthèse, qui sera lancée en octobre. C’est un court texte assez surprenant qui raconte la quête de pureté d’une narratrice obsédée par la perfection. Une réflexion mordante sur la place parfois trop importante que l’on accorde à l’esthétique en société, et qui frappe toujours droit au but à notre époque de Snapchat et d’Instagram.

Montage : Ton Barbier 
 
Silence-décomposition, à l’écoute d’une ville
Pierre-Luc Landry & Stefania Becheanu
Nota bene
La ville est un endroit où il est parfois difficile de trouver le silence, et les deux auteurs de cet étonnant essai sont pourtant parvenus à en faire l’expérience, à déconstruire un environnement sonore et à en tirer une réflexion. Alimenté par des fragments de conversations entendues, des images saisies au vol et l’ambiance urbaine qui ne dort jamais vraiment, ce texte propose un peu de paix dans un univers sans cesse survolté.
 
Le fleuve colère
Mahigan Lepage
Éditions du Noroît
Le gaspésien Mahigan Lepage est de ceux qui voient de la poésie partout, et qui sont capables de transmettre une impression ou un sentiment de façon juste et imagée. Bourlingueur érudit, il nous propose avec Le fleuve colère une fable aquatique, l’histoire d’un fleuve de sa naissance à l’âge adulte. Une réflexion à la fois fabuliste et naturelle, qui allie sagesse et humour.
 
Dans le mortel palace
François Baril Pelletier
Éditions de l’Interligne
La poésie un peu ésotérique de Pelletier, aussi peintre – il a notamment signé la jaquette du recueil – explore ici le besoin de l’individu de retrouver « son origine spirituelle », afin de mieux vivre en société et de sauver la terre. Une quête de sens aux mots chantants, il s’agit du cinquième recueil de ce poète franco-ontarien.
 
Montage : Ton Barbier 

Le saule de Grand-Pré
René Verville
Fides
Quand René Verville s’est découvert un ancêtre acadien, il en a fait le héros de cet impressionnant roman historique sur la déportation de son peuple, un événement traumatique de notre histoire. Ce « Grand dérangement » a arraché de nombreuses familles à leurs terres, et les a dispersé à travers des territoires où ils n’étaient, généralement, pas les bienvenus. Une réédition essentielle d’une œuvre de 2001 et qui a remporté, entre autres, le prix littéraire La Plume d’Argent.
 
Nos plumes comme des armes
Collectif
Piloté par Elisabeth Massicolli, ce recueil auquel ont collaboré plus de 55 femmes est bilingue, coloré et éclaté, et rassemble de courts textes qui agissent comme élément rassembleur, mais qui servent aussi à ramasser des fonds pour des organismes québécois qui luttent contre l’intolérance. C’est particulièrement important dans le contexte actuel. Une trentaine de pages pleines d’idées et de vie, donc, que vous pouvez vous procurer en ligne en format numérique au www.nosplumescommedesarmes.com ainsi que physiquement à la Librairie de Verdun, à l’Eugélionne, à La Flèche Rouge et au Port de tête.
 
À qui la faute?
Chrystine Brouillet
Druide
On ne présente plus Maud Graham, ni Chrystine Brouillet, d’ailleurs. Probablement l’auteure de thrillers policier la plus reconnue au Québec, elle publie fréquemment de nouveaux volets des aventures de son enquêteure fétiche, et sa longévité est étourdissante. Le dernier arrivé, son 17e, relate une tragédie familiale inexplicable, qui se révélera bien entendu beaucoup plus compliquée que prévue…
 
La communauté indomptable d’André Forcier
Marie-Claude Loiselle
Les Herbes Rouges
Plusieurs réalisateurs québécois ont proposé, au fil de leur carrière, des œuvres très originales et uniques, mais peu ont élaboré un univers aussi singulier, féerique et constant qu’André Forcier. Marie-Claude Loiselle analyse ici les personnages, leur langage et les lieux où ils évoluent, et souligne avec habileté les caractéristiques qui font la force de son œuvre. Forcier dépeint une certaine classe de la population, tirant sur le populaire mais demeurant dans le mythe, avec des héros excentriques et rebelles – qui deviennent souvent, ne nous mentons pas, les personnages les plus mémorables.

Montage : Ton Barbier