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Heavy Montréal, c'est encore pertinent

Crédit photo : Pascal Beauregard
Heavy Montréal, c'est encore pertinent
Comme beaucoup d’hérétiques du métal, je me suis présenté à Heavy Montréal imprégné d’un certain nombre d’idées préconçues à propos de ce festival.

Certains de ces concepts sont demeurés inentamés.

D’autres ont été démantelés, à mon plus grand agrément.
Crédit : Pascal Beauregard
 
ALERTE SARCASME

Je commencerai en mentionnant qu’en rien mon jugement n’a-t-il dérogé en ce qui a trait au style vestimentaire.

La facture mode de la faune «métalleuse» rivalise en complexité avec le «hipsterisme» d’Osheaga. À l’instar du rédacteur en chef de Ton Barbier, Alexandre Turcotte, j’ai répertorié les tenues en vogue sur l’île Sainte-Hélène.
 
Crédit : Pascal Beauregard
 
Par souci de volume à l’ère où la population consomme avec vélocité l’information, je ne puis énumérer tous les styles recensés à Heavy Montréal, mais pour résumer le contingent vestimentaire de l’événement et le vulgariser, j’ai passé deux heures à préparer pour vous la palette des couleurs observées sur le site.

Remarquez les nuances, le raffinement, la subtilité…
Crédit : Un enfant de la maternelle

Plus sérieusement…

Depuis plusieurs années déjà, je trouve que le métal a mal vieilli dans le spectre musical. Je doute de sa pertinence, au même titre que le punk ou même parfois le rock dans ses versions désuètes; ces styles musicaux me semblent de plus en plus assimilables à des bâtiments patrimoniaux de la culture occidentale. Leur importance fut incontestable par le passé, mais je les classe dans les bibelots poussiéreux de la musique.

J’ai changé de perspective en mettant les pieds à Heavy Montréal. Le métal n’est pas mort. Le métal peut encore transporter les foules, lorsque rendu avec émotion.

Entassés au parc Jean-Drapeau, des milliers de personnes ont vibré en même temps quand j’ai assisté aux performances de Hatebreed, de Memphis May Fire, de Zakk Wylde  – j’ai trouvé la prestation du mythique ancien guitariste d’Ozzy Osbourne un peu fade, mais la dense foule n’avait cure de mon opinion.
Zakk Wylde
Crédit : Pascal Beauregard

Franchement, coup de cœur pour Saint Asonia, le groupe d’Adam Gontier, l’ancien chanteur de Three Days Grace. Ça sonnait comme 347 chests de Brock Lesnar «stackés» entre deux tonnes de briques. Le parterre a tremblé quand la formation a joué la bonne vieille I Hate Everything About You de TDG.

J’ai aussi vu de près l’envoûtement provoqué par les Allemands de Blind Guardian. Leur set théâtral – sur le plan musical, pas dans la présentation – n’a pas manqué d’entraîner les spectateurs dans des transes sporadiques quand la tension atteignait son faîte et se dénouait.

Pour tout dire, Blind Guardian, c’était complètement «fucké» à mon sens. Mon cortex auditif ne s'habituera jamais à pareille lubie.

Mais j’ai senti que c’est là que réside toute la pertinence de Heavy Montréal. J’ai senti qu’autant les les maniaques et les fans modérés, que les initiés et les païens, comme moi, se sont réunis là pour lâcher leur fou, laisser tomber les conventions le temps d’une fin de semaine…

Être qui ils veulent pendant un moment et ne pas se sentir obligés de répondre à des normes.

Crédit : Pascal Beauregard