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La petite histoire de Jacques Piccard, aventurier, inventeur et environnementaliste

Crédit photo : Hennessy
La petite histoire de Jacques Piccard, aventurier, inventeur et environnementaliste
Jacques Piccard, né à Bruxelles en 1922 et mort en 2008 à 86 ans, est le fils du physicien Auguste Piccard (1884-1962) et père de Bertrand Piccard, qui a réalisé le Solar Impulse, l’impressionnant projet d’avion à énergie solaire qui a fait le tour du monde.
 
Il est également l'un des pionniers les plus intéressants du XXe siècle. En effet, cet océanographe et océanaute détient un record qui n'a jamais été égalé, et ce, depuis 1960.
 
Dès la fin de ses études d'économie, d'histoire et de physique, il aide son père Auguste Piccard à construire le bathyscaphe Trieste. Les bathyscaphes sont des modèles de sous-marins conçus spécialement pour l'exploration abyssale. C'est son père Auguste qui est à l'origine des premiers modèles de bathyscaphes, mais c'est ensemble qu'ils ont conçu ce troisième modèle plus performant.
 
En 1953, Jacques Piccard utilise le Trieste pour plusieurs plongées en Italie dont les premières avec son père. On mets de côté les détails techniques, mais après avoir été financé par des industriels italiens et par la Suisse, c'est sous la direction de la Marine nationale des États-Unis que le Trieste réalise plusieurs descentes majeures de 5 530 mètres et 7 025 mètres. Il sera modifié en 1959 en vue d'atteindre des profondeurs de 11 000 mètres dans la fosse des Mariannes, l'endroit le plus profond de l'océan et qui n'a jamais été explorer.
 
L’intérêt pour les Américains envers le fond marin est purement utilitaire. Ils désiraient entreposer des matériaux radioactifs et voulaient être certains qu'il n'y avait pas de vie au fond de l'Océan.
 
Aventurier dans l'âme, toujours à la recherche de nouveaux défis et ne reculant devant rien, Jacques Piccard accepte de piloter le Trieste pour cette plongée historique.
 
C'est le 23 janvier 1960 qu'il atteint le record de plongée (-10 916 m) dans la fosse Challanger au large des îles Mariannes, en compagnie du lieutenant américain Don Walsh. Ils sont les premiers êtres humains à avoir vu de leurs propres yeux une faune unique et encore mystérieuse.
 
 
La plongée durera cinq heures. Durant la descente, l'obscurité est totale et l'eau limpide. Le Trieste finit par se reposer sur le fond, à 10 916 mètres. Éclairés par un phare de mercure, les deux explorateurs y explorent un endroit qui paraît un peu hostile et sans vie. Mais soudainement, ils voient passer devant le hublot une crevette rouge, puis une deuxième. Ils restent quelque temps et enfin, ils aperçoivent un poisson plat de 30 cm de long, une espèce encore inconnue.
 
Après avoir étudié le fond marin du mieux qu’ils le peuvent dans leur sous-marin, ils refont surface après trois heures. La plongée aura duré au total 8 heures et 33 minutes. Après avoir fait part de leurs découvertes aux autorités américaines, l'idée d'utiliser cette fosse comme décharge de déchets nucléaires est abandonnée.
 
Cette expérience exceptionnelle sera pour Jacques Piccard une sorte de déclic. La dégradation de certains fonds marins commence à l’inquiéter. Il devient un environnementaliste et va passer le restant de sa vie, à sa manière, à encourager le public à prendre conscience de la beauté et de la fragilité du monde sous-marin et des eaux douces. Il va même construire un prototype de sous-marin touristique dans lequel il emmène des centaines de personnes sous le lac Léman.
 
Toujours en train de dépasser les limites du possible et de l’ingéniosité, Jacques Piccard mettra ses talents au service de la préservation des eaux.
 
Il détient depuis 1960, un record presque imbattable, puisqu’il s’agissait du point dans l’océan le plus creux au monde, jusqu’à ce qu’une autre faille fut découverte en 2003 de 11 000 mètres, soit environ une centaine de mètres de plus.
 
Mais aucun sous-marin encore en activité aujourd'hui n’est capable d’aller aussi profond que celui inventé par Jacques Piccard.