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Éloge de la lenteur, camping et roadtrip

Crédit photo : Théo Gosselin
Éloge de la lenteur, camping et roadtrip
La lenteur. 

Prendre le temps d'être seul. 

Tôt le matin, pendant que les voisins dorment encore, je prépare le deuxième café. J'ai déjà le goût de sortir Montréal de cette journée. Si vous avez envie de vous mettre dans l'ambiance, j'écoute Anderson .Paak.

Je m'installe à la table de la cuisine et je vous invente une histoire de road trip et de camping, question de vous donner envie de partir la journée sur un coup de tête. Deal? Lets go.

Photo : Théo Gosselin

LA VEILLE, SUR LA ROUTE. 
EXTÉRIEUR, NUIT, VOITURE.


Il n’y a plus d’essence. Il fait nuit et les phares ne sont pas suffisants pour éclairer le petit chemin de terre qui doit nous mener au lac. Elle roule une cigarette qu'elle fume un peu avant de me la passer. Elle ferme les yeux et défait le haut de sa robe d'été. Je glisse ma main entre ses cuisses lorsque la voiture s’arrête devant un petit pont qui s’est effondré. On ne peut plus avancer pour ce soir. Nous avons assez de vin pour vivre ici une semaine. On coupe le moteur et la nuit s’infuse (en nous). Mes mains connaissent le reste du chemin par cœur.

Photo : Théo Gosselin

LAC DU POISSON BLANC.
EXTÉRIEUR MATIN.

Je regarde s’il reste assez de braises pour repartir le feu. Je prépare le café avec l’eau du lac. Le vent souffle nord-est sur la petite île. C’est une journée parfaite pour essayer le système de voiles à l’avant du canot. Sans le double toit, la tente ressemble à un poumon, monté à la hâte dans le noir après le feu sur le sable. La bouteille de vin et la moitié du bourbon traine encore sur la plage. Je vais la réveiller avec une tasse de café. On refait l’amour sans démonter la tente. 

Dehors, le jour n’attend pas. 
Il fait déjà chaud lorsqu’on saute dans le lac. 
Le temps s’est installé en dehors du temps.

Après notre premier café, nous laissons la voiture ici et nous descendons la rivière jusqu’au lac. Nous montons la tente et nous inventons des jeux inutiles. Nous imposons au vent notre insouciance. Je suis nue, elle est primitive. Elle me fait l’amour. C’est ce que nos corps font de mieux. Quand l’amour sera complet, nous laisserons là notre bestiaire. Nous prendrons enfin de l’altitude et nous contemplerons l’indifférence des oiseaux.

Photo : Théo Gosselin